Sans culotte mais avec cravate

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Billaud-Varenne
par Greuze
(1725-1805)

Plus le siècle du Roi Soleil avance, plus le couple "col-cravate" évolue". Ce sont les armées qui feront, comme de tous temps, avancer les choses:
La mise en place du col et de la cravate du 17ème siècle n'étant pas chose aisée, les militaires inventent le stock, sorte de col plastron. Haut, gigantesque et rigide, cet accessoire vestimentaire s'attache serré autour du cou et donne aux hommes de la troupe un port altier et digne.
Il est le plus souvent confectionné avec du crin de cheval puis recouvert de tissus (cela va de la toile de lin à la soie selon la richesse de son porteur). Une fois posé, il est agrémenté de la cravate de son choix.
Quant au confort, les chroniqueurs de l'époque relatent des blessures et des évanouissements parmi les militaires dus, non pas à l'ennemi, mais au port du stock ...

Cette mode inconfortable cèdera progressivement la place à des cols moins hauts et moins sophistiqués et la cravate évoluera essentiellement vers deux autres formes :
- La longue bande de mousseline (jusqu'à 2 m) enroulée autour du cou et quelquefois jusqu'au menton, et se terminant par un nœud souple éventuellement pendant sur la poitrine.
- Les classes moyennes arboreront, quant à elles, un grand mouchoir plié en pointe puis roulé sur lui même et noué simplement sur le devant de l'habit.

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Autoportrait
JL David
(1758 - 1825)

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Robespierre

Les cravates blanches s'affrontent aux cravates noires ; la polémique commence entre la jeune génération (cravates noires) et  la génération des anciens (cravates blanches). La cravate noire sera, jusqu'à la moitié du XIXième siècle, et selon le contexte, le signe que l'on n'est pas d'accord avec la majorité du moment.

L'extravagance n'est pas oubliée cependant et des clubs ou groupes marginaux ne manqueront pas d'imagination pour faire remarquer l'ornement de leur cou (et le reste de leur tenue par la même occasion !).
Les fameux Incroyables, en France, excelleront dans ce domaine.
Côté britannique, les extravagants se nommeront les macaronis et rivaliseront également quant à la hauteur des cols, les froufrous et les fanfreluches.
L'après-révolution et le Directoire marqueront une accalmie sur le front de la folie cravatière...
Pendant ce temps, outre Manche, les anglais nous préparent la mode anglaise qui inondera à son tour les habitudes continentales...

Caricature des incoyables

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